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Pourquoi investir à la montagne

Au pays de l’or blanc, les superlatifs pleuvent : la France possède la plus haute station et la plus longue piste noire d’Europe, le plus grand domaine skiable, le plus important parc de remontées mécaniques et la plus grande fréquentation touristique étrangère… au monde ! Et ce ne sont pas les seuls atouts que fait valoir la France « d’en haut ». Pour découvrir des montagnes aux formes douces, couvertes de forêts, direction les Vosges, le Jura ou leMassif central . Là, les stations se déclinent autant en bourgs conséquents qu’en villages tournés vers leur artisanat et leur gastronomie.

Les Alpes du Nord détiennent toujours la palme de la fréquentation grâce à leurs hauts sommets (enneigement garanti), leurs gigantesques domaines skiables, leurs équipements modernes et leurs stations innombrables, des plus grandes aux plus modestes. Les Alpes du Sud jouent aussi la carte de l’altitude, tout en résonnant des accents chantants et ensoleillés de la Méditerranée. Quant aux Pyrénées , elles bousculent les traditions et s’imposent comme la terre d’accueil des pratiques de montagne les plus avant-gardistes. Enfin, la France détient encore une exclusivité : la structuration “skis aux pieds” de ses domaines. Les stations sont bâties en altitude et interconnectées, de telle sorte que l’on peut parcourir plusieurs domaines sans déchausser ses skis de la journée !

 Megève, la pionnière

Principal facteur de développement du tourisme en montagne : l’accessibilité, favorisée par les compagnies de chemin de fer dans la seconde moitié du XIXe siècle. En 1912, dans la cité thermale de Luchon, l’inauguration du petit train à crémaillère permet de monter à 1 800 mètres. L’installation de la première remontée mécanique des Pyrénées est suivie par la construction des hôtels de Superbagnères et de Font-Romeu, véritables palaces pour une richissime clientèle.

Dans les Alpes, les alpinistes partent à la conquête des grands sommets et recrutent des guides dans les villages de montagne où l’hébergement s’avère sommaire. En 1915, la baronne Maurice de Rothschild parcourt les Alpes avec son moniteur de ski, en quête du lieu idéal où faire bâtir une station de ski prestigieuse. Il lui propose le plateau du Mont d’Arbois, où la baronne inaugure dès 1921 le palace éponyme. C’est ainsi que naît Megève, la première station française proprement dite, qui vient rejoindre ses prédécesseurs suisses et autrichiens. Après avoir lancé la mode de la montagne en été en y créant un golf de neuf trous, la baronne devient aussi l’une des pionnières des remontées mécaniques avec l’inauguration, dès 1934, du téléphérique du Mont d’Arbois, en association avec la commune de Megève. Entre-temps ont eu lieu les premiers Jeux olympiques d’hiver, à Chamonix, en 1924, où le ski alpin devient une discipline sportive à part entière.

 Les sports d’hiver pour sauver la montagne

C’est un véritable tournant dans l’histoire du tourisme montagnard : en moins d’un demi-siècle, les loisirs d’hiver explosent. À partir de la fin des années 1950, pour lutter contre la désertification et offrir aux citadins le cadre d’une nouvelle pratique de loisirs, l’Etat français met en place une politique nationale d’aménagement de la montagne fondée sur les sports d’hiver : le plan Neige. Des ensembles urbains poussent à des altitudes réputées inhabitables en hiver.

L’urbanisme chaotique des bourgs de montagne cède la place à un modèle planifié et fonctionnel, conçu pour accueillir les migrations saisonnières de masse. Dès lors, la station intégrée moderne supplante l’architecture rurale ou régionale. La neige n’est plus ce puissant somnifère qui condamne les villages à hiberner. Elle devient cet or blanc que les stations, en plein essor grâce à la promotion immobilière, peuvent exploiter. Les années 1960 sont celles de l’euphorie constructive : des « paquebots de béton » sortent des neiges jusque dans les années 1970. Des stations sont créées de toutes pièces, comme Avoriaz, « pur produit » du groupe Pierre & Vacances. Le Jura , proche de Paris et réputé pour ses pistes de ski de fond, suit cette vague immobilière dans les années 1980, avec les stations des Rousses, Métabief ou Lelex-Mijoux.

Les stations se rénovent

Mais les infrastructures peinent à suivre. Il faut attendre les Jeux olympiques d’Albertville , en 1992, pour rattraper le retard pris dans l’aménagement des réseaux routiers et ferroviaire. Et encore : l’accessibilité nouvelle des Alpes se montre en revanche à la peine dans les autres régions montagneuses. De plus, après des années de constructions effrénées, la plupart des stations se heurtent aux ultimes pentes de la montagne et, face à cette barrière naturelle, ne peuvent plus s’étendre.

Résultat : les constructions neuves deviennent rarissimes, quasi inexistantes dans les Pyrénées et sporadiques dans le Massif central , les Vosges ou le Jura , où la fréquentation reste majoritairement locale. Quelques nouveaux programmes poussent, comme à Tignes (Alpes du Nord ), à Superdévoluy, Serre-Chevalier ou Puy-Saint- Vincent (Alpes du Sud ). En revanche, les anciennes stations font peau neuve. Les Deux-Alpes, qui investissent chaque année dans l’univers des nouvelles glisses, ont enclenché d’importants programmes de rénovation, tout comme les Arcs et la Plagne. Inaugurées à la fin des années 1970, elles relookent leurs immeubles en les habillant de bois, dans le plus pur style montagnard.

Depuis 2003, les deux stations, reliées par le téléphérique géant à étages Vanoise Express, couvrent un « giga » domaine skiable : Paradiski. Idem pour les Menuires : à l’occasion de ses 40 ans, en février 2006, la station s’est offert un grand lifting général et un tout nouveau centre aquatique et ludique.

Retour aux villages

Faute d’offres nouvelles dans ce marché immobilier qui a connu plus de 30 % de hausse ces dix dernières années, les prix atteignent eux aussi des sommets. Et, les chalets faisant toujours défaut dans les stations stars, affichent des valeurs prohibitives pour la plupart des portefeuilles. Les rares acquéreurs exigent de l’authentique « montagnard » avec pierre, bois et restaurations nobles, faute de quoi ils préfèrent s’orienter vers une maison individuelle avec tout le confort moderne (spa, jacuzzi et piscine inclus).

Du coup, les stations dites « villages », qui se sont développées calmement à côté des grands pôles touristiques, ont aujourd’hui la cote. C’est le cas de Barèges-La Mongie ou Saint-Lary, dans les Pyrénées , d’Arêches-Beaufort, Les Coches, Les Gets , Samoëns , Valloire ou Valmorel, dans les Alpes, pour ne citer qu’elles… Car la clientèle ne se satisfait plus des sempiternels studios devenus de plus en plus exigus et coûteux. Elle recherche un habitat plus spacieux, en adéquation avec ses aspirations : grand air, ambiance, paysage et activités en famille avec enfants et petits-enfants, pour l’après-ski et pour l’été… Autant de critères de choix qui sont devenus essentiels. Et les petites stations villages l’ont bien compris, répondant à cette nouvelle approche et renouant ainsi avec la fréquentation.

Eté comme hiver

À une époque où près d’un tiers de la clientèle des stations ne skie pas, la qualité des pistes ne suffit plus. Du coup, après la course aux snowparks, lancée dans les années 90 pour satisfaire les freeriders, les stations se mettent aux espaces nordiques. On y pratique le ski de fond, certes, mais aussi les raquettes — très tendance —, le traîneau à chiens ou encore le « ski joering », qui consiste à se faire tracter à skis par des chevaux… Une aubaine pour les petites stations de moyenne montagne où les pistes de ski alpin faisaient défaut. Les plaisirs hors piste se multiplient aussi. La traditionnelle patinoire est concurrencée par le kart ou le quad sur glace, la cascade sur glace, la plongée en lac gelé, la montgolfière ou encore le fitness, la balnéothérapie…

Et, à l’image des grandes marques de la glisse qui s’orientent désormais vers le marché de l’outdoor, la montagne s’apprécie en toute saison. En été, air pur et vacances sportives deviennent tendance, loin des plages bondées. Comme l’hiver, les stations regorgent d’occupations : VTT, randonnées pédestres ou via ferrata, parapente, tennis, équitation, rafting et canyoning, golf, ski sur glacier… Les moins sportifs peuvent prendre des cours de peinture, d’oenologie, de cuisine par des grands chefs. Ou courir les multiples festivals d’été après quelques visites d’un patrimoine, d’une faune et d’une flore particulièrement riches. L’époque où les stations se transformaient en un grand désert humain hors saison est aujourd’hui définitivement révolue.

 

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